Politique

Jeudi 1 février 2007

La nouvelle est tombé ce matin : Jacques Chirac a fait une bourde sur le Moyen-Orient en déclarant lundi à plusieurs journaux français et étrangers que "ce n'est pas tant le fait que l'Iran possède une bombe nucléaire qui serait "dangereux"". Le Président de la République Française d'ajouter  "Où l'Iran enverrait-il cette bombe? Sur Israël? Elle n'aura pas fait 200 mètres dans l'atmosphère que Téhéran sera rasée".

 Et comme le Président a réfléchi a posteriori sur ce qu'il venait de dire, il a rappelé les journaux le lendemain pour rectifier ses propos qu'il qualifie lui-même de "trop schématiques".

 Qu'un homme politique d'expérience et d'envergure manifestement internationale comme Jacques Chirac puisse faire une déclaration d'une telle teneur, est-ce acceptable ? Est-ce faire montre d'un grand courage de rappeler les journalistes pour faire modifier des déclarations qui auraient dépassé la pensée présidentielle?

 S'il s'agissait de Ségolène Royal, se poserait-on ces questions ? Ou l'aurait on déjà traitée de "gourde" ? 

 Et si c'était du machiavélisme de la part de Chirac pour faire battre Sarkozy ? Faire une telle gaffe démontre que cela arrive à tout le monde et que ce n'est pas incompatible avec la fonction présidentielle. Sur ce point Ségolène est mieux placée que Nicolas.

 Attendons avec impatience les prochaines déclarations de J. Chirac sur la justice chinoise, la force nucléaire sous-marine française ou le montant de son ISF, pour voir si cette théorie se confirme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par antoine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 4 février 2007

Ce soir, à l'émission politique de Europe1, c'était Jean-Marie Le Pen l'invité.

A l'écouter, et à écouter les journalistes qui l'interrogent, il a l'air normal cet homme là. Bien sur certains de ses propos sont anti-européens (mais est-ce si original ?), d'autres ont un peu xénophobes (mais il le dit lui même : si on lui apporte la démonstration que ce ne sont pas les femmes étrangères qui font le plus d'enfants en France alors il sera le premier à s'en réjouir). N'empêche, tout le monde autour de la table le considère comme un homme politique normal avec qui on peut aborder l'avenir de la France dans le cadre d'une élection présidentielle.

Mais on oublie que cet homme presque policé, c'est le même qui dans les années 50, alors patron de la société d'édition musicale  SERP, inscrivit à son catalogue des chants franchement guerriers et franchement allemands. C'est le même qui fit des jeux de mots condamnables -et condamnés- sur les périodes les plus sombres de notre 20e siècle; c'est le même qui encore dernièrement déclarait que l'occupation allemande n'avait pas été si dure en France en 39-45...

Oui je sais, si on ressort toujours les vieilles erreurs et les vieux souvenirs, on n'avance pas. Et comme chantait Jacques Brel "c'est pas vrai j'ai jamais tué de chat, ou alors y'a longtemps, ou y sentait pas bon!". Mais justement : il est certaines positions prises et certaines déclarations faites qui devraient empêcher un homme politique d'avancer et de se déclarer porteur d'un projet pour la France.

C'est aux journalistes qui l'interrogent de lui rappeler qui il est et ce qu'il a dit ou fait. Ce ne serait pas le diaboliser mais le décrire, et surtout responsabiliser ses électeurs.

Par antoine
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 6 février 2007
Je remercie Philostrate de son commentaire à mon article sur « Le Pen, la mémoire et les journalistes » pour deux raisons :
1-     c’est le premier commentaire jamais écrit sur mon blog et donc le tout petit début de ma notoriété sur le web (ou bloguitude si vous voulez)
2-     cela me permet de développer mon propos dans ce nouvel article.
 
Je vous propose le théorème suivant, caractéristique de notre société dite « d’opinion »
 
a)     Quand une idée n’est portée que par 1% de la population, c’est une connerie
b)     Quand cette même idée est portée par 18% de la population, c’est une opinion
 
Eh bien non :  une idée conne même portée par 18% de la population reste une idée conne. Et qu’il faut combattre comme telle.
 
Pour en finir avec Le Pen –dans cet article, bien entendu- je persiste à dire que dans la société particulièrement médiatique qui est la nôtre, c’est aux médias responsables –les journalistes- de systématiquement rappeler les fondamentaux des convictions de celui qu’ils interrogent.
Je parlais de mémoire dans mon article : dans notre société de l’instant, il faut lutter contre le reniement du passé et l’amnésie collective. Les jeunes générations ont déjà oublié la 1er Guerre Mondiale et sont sur le point d’effacer la Seconde de leur mémoire. Marine Le Pen et la nouvelle garde du FN essayent actuellement de bâtir un parti édulcoré « politiquement correct » voire de « gouvernement ». Mais les fondamentaux du FN sont et resteront ceux de son fondateur. Ne l’oublions jamais. C’est justement parce que le FN, et en particulier Le Pen, s’est « notabilisé » et a acquis une légitimité en étant présent au 2nd tour en 2002 qu’il est encore plus dangereux (cf. le théorème énoncé plus haut).
 
Je ne crois pas que la totalité des 18% d’électeurs votent pour le FN en connaissance de cause mais plutôt par désespoir ou esprit frondeur, pour faire la nique aux politiques. Et je pense (j’espère) que s’ils connaissaient les idées fondatrices de ce parti, ils iraient fronder ailleurs pour se forger une conscience politique et vraiment faire bouger les choses.
 
PS : Je précise que je tiendrais le même type de position sur l’extrême-gauche si elle était à 18%.  
Par antoine
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 9 février 2007
 
 
Des mots mis bout à bout et répétés régulièrement deviennent facilement des concepts que l’on manipule, brandis comme des étendards, sans se souvenir vraiment de leurs significations.
 
Si je prends les concepts de démocratie participative et de démocratie d’opinion et que je me lance à les expliquer, cela donne les paragraphes suivants :
 
La démocratie participative, c’est écouter les citoyens grâce au parlement, aux réunions associatives ou syndicales, aux débats locaux participatifs. Puis travailler avec eux à trouver des solutions sur les sujets abordés. Mais ce n’est pas suffisant. Ensuite le politique doit prioriser, éventuellement filtrer et enfin décider de ce qui sera entrepris. Sur ce point Nicolas Sarkozy, à l’émission de TF1 « J’ai une question à vous poser », a bien joué en déclarant qu’il ne suivrait pas forcément l’opinion de celui qui crie le plus fort. C’était très beau à entendre sur la forme. Le vrai enjeu pour Ségolène Royal –dont la démocratie participative est la marque de fabrique même si elle n’est pas la seule à en faire- est maintenant non pas de présenter 100, 110 ou 200 propositions issues de la base des citoyens, mais de démontrer sa capacité à construire une ligne directrice crédible sur la base de ces propositions.
 
La démocratie d’opinion, c’est écouter les gens et adapter son action politique en fonction de l’idée semblant la plus répandue. Les politiques sont alors suiveurs, les médias mettent en scène sans recul et avec un but souvent lucratif (SMS, appels à 0,15 €/min pour donner son opinion…). Les journalistes sont alors de simples spectateurs ou des cautions. PPDA lors de l’émission de N. Sarkozy déjà citée, a clairement expliqué qu’il ne servirait à rien, qu’il ne poserait pas de question et qu’il paierait un coup à boire à tout le monde à la fin. La démocratie d’opinion favorise le communautarisme (chaque sous-groupe de la population cherche à crier le plus fort, en se victimisant s’il estime ne pas être assez entendu), l’antiparlementarisme (pas besoin de médiateur/représentant politique intermédiaire puisque une opinion est forcément une idée géniale totalement incomprise des politiques) et sape la crédibilité des médias qui s’en nourrissent pourtant goulument. La démocratie d’opinion est donc fondamentalement anti-démocratique.
 
Tiens, pour finir, avez-vous déjà écouté RMC? Voilà une radio qui prétend faire du participatif mais qui finalement ne fait que de l’opinion. Jean-Jacques BOURDIN le matin en est la caricature la plus outrancière.
 
Tiens, pour finir vraiment cet article, avez-vous vu le dernier slogan de RMC? Je ne vous mens pas, c’est exactement « Un nouveau président, une nouvelle radio ». Donc, si je comprends bien le français, cela veut dire que le prochain président sera un homme et que RMC se rangera à ses cotés avec toute sa force populiste. Mais à qui RMC peut bien penser ?
Par antoine
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 5 mars 2007
Quelques jours de vacances au milieu des montagnes de la Drôme Provençale m’ont permis de réfléchir un peu à mon sujet favori : les idées de Jean-Marie Le Pen et son influence sur le débat de la pré-campagne présidentielle.
 
D’abord ses idées.
 
Je dis ses  car visiblement sa principale conseillère en communication politique, Marine Le Pen, essaye désespérément d’en atténuer le contenu et la portée. Je dis idées car ce serait une faute de considérer que Le Pen ne fait qu’éructer des concepts fumeux : il défend des idées ancrées en lui depuis 50 ans de vie politique et partagées par un certain nombre des citoyens votant pour lui.
Jean-Marie Le Pen essaye d’être plus prudent dans ses propos, Marine y veille. Mais parfois les convictions du chef déborde encore du politiquement correct et, mises bout à bout, font froid dans le dos. Je vous propose un exemple de cohérence du discours de Le Pen qui n’a pas été relevé dans les médias car cela concerne des déclarations faites à 2 ans d’intervalle. En janvier 2005, dans un entretien avec le journal d’extrême droite Rivarol, le patron du FN déclare "En France du moins, l’occupation allemande n’a pas été particulièrement inhumaine même s’il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés". Et d’ajouter: "Si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins comme l’affirme la vulgate, il n’y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques".
En février dernier, il déclare à l’occasion de la mort de Maurice Papon et au sujet de la polémique de son enterrement avec la médaille de la Légion d’Honneur (dont l’ancien sous-préfet de Bordeaux fut déchu) : « les faits reprochés à Maurice Papon ne sont pas de sa responsabilité mais de celle de la puissance occupante ». Je cite de mémoire, mais ces propos entendus à la télévision m’ont particulièrement frappé.
En rapprochant les deux déclarations on peut tirer deux hypothèses sur ce que veut signifier Jean-Marie Le Pen. Hypothèse haute : les faits reprochés à Maurice Papon –mais de la responsabilité de la puissance occupante selon son analyse- sont considérés comme pas particulièrement inhumains. Hypothèse basse ( !) : les faits reprochés à Maurice Papon –mais toujours de la responsabilité de la puissance occupante- sont des bavures inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés. Voire un détail ?
Je rappelle que Maurice Papon a été convaincu de Complicité de crime contre l’humanité et condamné à 10 ans de détention. De là à conclure que le crime contre l’humanité n’est pas particulièrement inhumain…je vous laisse assimiler le paradoxe. Et si vous pouviez en discuter calmement avec des citoyens français votant Front National et me faire un retour de leur position à ce sujet, ca m’aiderait à différencier ses partisans qui y croient vraiment de ceux qui sont simplement protestataires.
 
Maintenant, l’influence du FN sur le débat de la pré-campagne présidentielle.
 
Tous les médias, tous les commentateurs politiques, la plupart des hommes/femmes politiques vous le disent : la fameuse lepénisation des esprits est en marche. Autrefois Jean-Marie Le Pen expliquait qu’il disait tout haut ce que les autres pensaient tout bas. Maintenant que d’autres disent la même chose que lui sur de nombreux sujets et que 18% des électeurs ont voté pour lui en 2002, le leader du FN se vante d’avoir eu raison avant tout le monde.
 
Et comme il est admis que les esprits des électeurs sont lepenisés, toute analyse qui amènerait à dire que ce ne serait pas un scandale que M. Le Pen n’ait pas les 500 signatures serait une provocation anti-démocratique et une insulte aux citoyens votants. Si, Si, même Jean-Pierre Raffarin (sur Europe 1 hier soir) considère que M. le Pen fait partie de la vie politique française et qu’il a le droit de défendre ses idées au même titre  (!!) que Mme Voynet a, elle, a bien le droit de défendre les éoliennes !
 
Bon ! Alors préparez-vous à lire quelques lignes qui pourraient passer pour un déni de la démocratie. J’assume.
 
Pour se présenter à l’élection présidentielle, il faut 500 signatures d’élus appartenant à un collège (maires, députés,…) de plus de 45 000 personnes. Soit un peu plus de 1%. Dit comme cela, la barre n’est pas si haute et les propositions de ramener ce seuil à 300 ou 200 sont d’un populisme achevé. Les noms des élus parrainant les candidats sont publiés au journal officiel.  Et c’est ce qui ferait hésiter les élus qui souhaiteraient parrainer Jean-Marie Le Pen…Un odieux complot anti-FN fomenté par l’établissement qui mettrait la pression à 45 000 personnes ! Encore un coup du lobby judéo-maçonnique ! Je pense pour ma part que ce seuil de 500 parrainages est une bonne chose (personnellement je le pousserais à 1 000 par provocation !) et qu’il est un verrou de notre République pour éviter des candidatures farfelues (il y en a) ou dangereuses (il y en a aussi). Le fait que M. Le Pen ait ou pas les 500 signatures n’est pas un indice de la bonne ou de la mauvaise santé démocratique de notre pays : c’est la règle du jeu.
 
Commencer à discuter de la règle du jeu au moment de jouer, c’est encourager la victimisation des mauvais joueurs et oublier le seul terrain important où il faut se battre : celui des idées qui forgent la politique.
Par antoine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus