Mercredi 31 décembre 2008

« Il faut rester très prudent mais vraisemblablement si on avait trouvé une place, ça n’aurait pas changé les choses ».

 

Voilà ce que déclare le parquet d’Evry suite à l’autopsie pratiquée sur l’homme de 57 ans, décédé dimanche d’une crise cardiaque. Après avoir attendu plusieurs heures un lit d’hôpital ,avec un coeur en très mauvais état. En vain.

 

Pourquoi est-ce le Parquet qui s’exprime ? Parce que la veuve a déposé plainte contre X pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Et qu’elle cherche à comprendre.

 

Petite analyse des termes de cette déclaration, qui frôle le syllogisme.

           

-         d’abord « Il faut rester très prudent ». En gros « on » ne se mouille pas, voire « on » en sait rien mais « on » le dit quand même.

-         Ensuite « vraisemblablement ». Le Littré nous apprend que ce mot signifie aussi « Qui fait croire ».  Qui fait croire quoi ? à qui ? pourquoi ?

-         Enfin « si on avait trouvé une place, ça n’aurait pas changé les choses ». Presque un soulagement. Imaginez une seconde que l’ «on » ait trouvé une place pour cet homme et qu’il soit mort quand même, quel scandale.

 

A la question « Le patient a-t-il eu raison de mourir alors qu’il n’y avait pas de place pour lui dans un hôpital », la réponse apportée par ce raisonnement est donc « Oui ».

Cela se tient, finalement. La faille du raisonnement reste que le diagnostique a été fait à l’autopsie, qui a la particularité d’être pratiquée quand le patient et déjà mort. Mais bon, « on » ne va pas chipoter.

Voilà Mme la Veuve, satisfaite ? 

- Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 15 décembre 2008

Beaucoup disent qu’Arnaud Montebourg –le chantre de la VIème République au Parti Socialiste- est une girouette. Sous prétexte qu’il a soutenu Ségolène Royal lors des élections présidentielles, au point d’être un de ses principaux lieutenants, pour dernièrement se ranger derrière Martine Aubry, nouvelle Premier Secrétaire du PS, il serait inconsistant. Ses détracteurs vous diront que de nombreux autres exemples de sa versatilité atavique existent. Ce sont des méchants et je veux défendre Arnaud Montebourg. M. Montebourg est tout à fait capable de dire exactement la même chose dans deux médias différents à quelques jours d’intervalle (« A vous de juger » d’Arlette Chabaud le 11 décembre et  « Rendez-vous Politique » sur France Inter le 14 décembre).

Dans les deux cas interrogé sur la position très paradoxale du PS concernant ses relations avec le Mouvement Démocrate (respectables au niveau local, infamantes au niveau national), Arnaud a répondu à chaque fois, accrochez-vous c’est compliqué :

 

« Au niveau local cela dépend : à Lille le Modem a pris tout notre programme ( !) et donc c’est normal de s’allier avec lui. Mais dans ma circonscription, le candidat du Modem est également le patron du MEDEF local. »

 

Et d’ajouter, la lèvre tremblante et le cheveu hérissé : « Et comment voulez-vous qu’un socialiste –il parle de lui- puisse passer un accord avec un patron du Medef ??? »

 

Il aurait pu aussi se signer et brandir un chapelet de gousses d’ail pour conjurer cette vision d’apocalypse. Mais Arnaud sait être sobre. Donc il s’est retenu.

 

Arnaud, vous permettez -au fait- que je vous appelle Arnaud ?, vous pensez vraiment que tous les patrons sont des salauds ? Vous pensez vraiment que parce que vous êtes de gauche, vous devez vous dressezr sur vos ergots « lutte des classes ». Vous pensez vraiment qu’en disant une telle énormité vous ferez (re)venir à vous les égarés partis chez Besancenot, voire Mélenchon ?

 

Au bout du bout, cher Arnaud, qu’est ce qui qualifie le mieux un homme : qu’il soit Patron, du Mouvement Démocrate, ou intelligent et ouvert ? Je ne préjuge pas de votre opposant dans votre circonscription, je ne le connais pas. Je parle en général.

 

Un homme politique comme vous, cher Arnaud, qui se dit « tenant du réalisme et du pragmatisme à gauche », n’est-il pas un peu fatigué de se forcer (car vous vous forcez dites ?) à manipuler son auditoire par des ficelles dialectiques aussi grosses ?

 

La conclusion est faite : nous pouvons reprocher à Arnaud Montebourg de dire une grosse connerie mais pas de la dire avec constance.

 

Et comme on dit souvent « Il vaut mieux dire une grosse connerie et passer pour un con, que se taire et entretenir le doute à ce sujet ! ».

 

 

- Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 11 décembre 2008

Les italiens sont des petits joueurs. Surtout Berlusconi. Certes il est président du Conseil pour la troisième fois, bien sur il a la plus grande fortune d'Italie (12 milliards d'euros), évidemment il est le patron d'un groupe de médias privés tentaculaire (ce qui lui pose plein de problèmes genre pouvoir/contre-pouvoir), mais franchement, oui franchement, à trop vouloir être honnête, il gaspille son argent.

Chez nous, Nicolas Sarkozy n'est Président de la République que pour la première fois, il est loin d'être la première fortune de France (ses amis sont quand même dans le peloton de tête mais n'y voyons pas malice), il n'est patron de rien d'autre que du pays et franchement, oui franchement, sans débourser un euro et le plus légalement du monde il va bientôt devenir le maître de l'audiovisuel public.




- Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 11 mars 2008
Je me réveille après 9 mois de silence. Au vue de la consultation de mon blog, je n’ai pas l’impression de vous avoir manqué !
 
Bon, vous le savez, j’ai fais mon outing l’année dernière à l’occasion des présidentielles / législatives : je suis au Modem. Jusque là rien de grave, enfin c’est ce que je pensais.
 
Mais à écouter les commentaires du microcosme politico-journalistique sur le positionnement du Modem en général et de Bayrou en particulier dans cet entre-deux tours des municipales, je m’interroge : l’intelligence est-elle une valeur exclusivement de gauche ou de droite ?
 
La synthèse de ces commentaires, je l’ai entendue hier lors de l’émission de RTL « On refait le monde » animés par le talentueux Nicolas Poincarré et alimentée par les réflexions sans appels de ses invités microcosmiens.
 
Voici en substance les propos tenus, et mes réactions :
 
1-      Bayrou ne pense qu’à la présidentielle et cela discrédite son action politique avec le Modem. Tous ses amis le lâchent. Depuis quand un homme politique ne fonctionnerait pas à l’ambition ? Depuis quand un homme politique n’aurait pas besoin d’un parti pour parvenir à son objectif personnel? L’ambition personnelle n’est pas incompatible avec l’ambition de servir son pays.  Si ses idées sont bonnes, où est le problème ? Relisez Edgar Faure ! Il aimait les honneurs et ne s’en cachait pas. Il aimait son pays et l’a très bien servi, avec humour en plus.
2-      Les idées ? Parlons-en ! Non, Bayrou n’est pas sérieux…On se sait pas si il est de droite ou de gauche. Il est du centre ? Mais de quel coté penche-t-il alors ? C’est la caricature de la IVème République ! Mais pourquoi devrait-on pencher forcément et systématiquement vers le même coté ? Pourquoi quand on est à droite devrait on considérer que la gauche est un repère de krypto-communistes, et quand on est à gauche soupçonner la droite d’être le suppôt du grand Capital ? Ce n’est pas caricatural çà ? C’est pourtant le seul schéma politique que les principaux journalistes appliquent –cela leur permet de gratter du papier. Et les politiques encouragent et alimentent ce système en s’épuisant à trouver des différences là où ils devraient s’atteler à détacher un consensus.
3-      De toute façon la politique à géométrie variable du Modem est rejetée par le PS à Paris et l’UMP ne se rend pas service en proposant un deal à Bayrou (l’UMP retire son soutien à la liste du maire sortantPS à Pau et Bayrou accepte de s’allier à l’UMP sur d’autres communes). C’est bien la preuve que le Modem ne sert à rien sauf à mettre le bordel et à éviter de parler des vrais problèmes. J’ai entendu peu de commentateurs (à part chez Marianne je crois) s’interroger sur le pourquoi de cette situation autrement qu’en accusant le Modem d’exister ! Il apparait pourtant clairement que le PS ne souhaite pas d’accord avec le Modem car cela montrerait qu’il y a plus d’affinités entre un PS modéré (social démocrate ?) et un Modem qu’entre ce même PS et son aile gauche ! Seule Ségolène Royal a bravement déclaré dimanche que l’union PS/Modem était indispensable… Coté UMP c’est encore plus flagrant : il n’y a qu’une différence entre un membre du Nouveau Centre et un membre du Modem : le premier accepte sa vassalité à droite et l’autre reste au centre. C’est bien le problème : l’UMP ne comprend pas qu’un parti du centre lui résiste, car il n’y de bon centre qu’à droite ? Ou mort ? En fait pour le PS comme pour l’UMP, accepter l’existence du Modem, c’est accepter que leurs ailes se touchent…Et c’est inconcevable : un suppôt du capitalisme discuter sereinement de solutions aux vrais problèmes de la France avec un dangereux bolchévique, mais vous n’y pensez pas ! Mais vous voulez ruiner mon fond de commerce ?  Comment je vais ensuite expliquer à mes électeurs que l’enfer c’est l’autre camp ? Et puis, ajoutent les journalistes, avoir sur un plateau TV des responsables qui sont d’accord sur quelques points c’est anti-Audimat ! Seul le bipartisme stérile et gaulois (« Quoi il est pas frais mon projet de loi ? ») assure le spectacle.
 
 
 
Bon, si vous en êtes arrivé là c’est que vous êtes courageux et si vous avez deux sous de jugeote, vous allez me dire que je fais le jeux des extrêmes et que à force de dire que la droite et la gauche c’est pareil eh bien les rouges sang vont débarquer et que si c’est pas eux c’est la bête immonde qui remportera le morceau. Certes. Mais enfin : la droite et la gauche ont le droit d’exister ! Mais le centre –le vrai, le Modem quoi !- doit aussi exister car c’est lui qui va amener la droite et la gauche à discuter en se rapprochant. Avec quelques étincelles sans doute. Mais si on ne permet pas au centre de jouer ce rôle, un jour ce sont les deux extrêmes qui vont se rejoindre.
Et là, ca va vraiment péter !
- Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 13 juin 2007
La soirée électorale du 1er tour des législatives m’a laissé moins d’images au fond de la rétine. Peu de suspens donc peu d’intérêt.
 
Pourtant, 3 jours après et depuis 3 jours, quelques réflexions me viennent.
 
Sur TF1 dimanche soir, les interventions de François Bayrou et de Francois Hollande interrompues avant la fin par Chazal ou PPDA. Même les représentants de l’UMP présents sur le plateau –plutôt joviaux- ont été surpris !
 
La victoire écrasante de l’UMP et du Nouveau Centre montre bien la limite de notre système électoral. Le Parlement, dans sa composition, est totalement déconnecté de la réalité des votes. J’en parlais avec mon ami Frédéric il y a peu en lui disant que le Nouveau Centre avec moins de 2% des voix aura 20 députés alors que le Modem avec 7% n’en aura que 1 ou 2. Dis comme cela, c’est choquant. Surout quand on est pro Modem (voilà je viens de faire mon coming out politique !). Mon ami Frédéric soulignait –avec raison- qu’il faut considérer les législatives comme des élections locales et non nationales. Et qu’il suffit qu’un parti –comme le Nouveau Centre ou le Parti Communiste- ait des représentants très bien implantés dans quelques circonscriptions pour avoir plusieurs députés. Je n’ai pas su quoi répondre sur le moment : mince ! il a raison ! La proportionnelle n’est donc pas une bonne chose ? Elire des députés sur liste, sans ancrage terrain ? Quelle horreur !
 
Et puis je me suis souvenu des propos que tient Charles Pasqua dans son dernier livre « Ce que je sais ».L’ancien ministre de l’Intérieur, aux manettes en 1986 lors du redécoupage des circonscriptions sur la base du recensement de…1982 ! souligne avec gourmandise que la loi électorale construite sur ses instructions"garantissait, en conditions normales de scrutin, un tiers des sièges à la droite, avec un petit avantage au RPR (ce qui correspondait au rapport de forces dans le pays), un tiers à la gauche, l’attribution du dernier tiers résultant de la glorieuse incertitude du vote".  Il avait également demandé –mansuétude ministérielle d’ancien résistant ?- que le PC garde un groupe à l’Assemblée.
 
Charly ajoute dans un commentaire persifleur de bas de page : « Bien qu’une remise à jour de ce texte en fonction des recensements ait été prévue, cette loi n’a pas été modifiée jusqu’à ce jour malgré les soubresauts de la vie politique. »
 
 
Il faut donc ne pas hésiter à lire les mémoires de Charles Pasqua.
 
Et ne pas hésiter non plus à relire un passage de notre constitution où il est écrit: « L’Assemblée nationale doit être élue sur des bases essentiellement démographiques ». C’est ce qu’on appelle le principe de représentativité. Le découpage actuel, je le rappelle, est basé sur le recensement de 1982.
 
Donc avant de se pencher sur la proportionnelle (mais je n’abandonne pas l’idée !), penchons nous sur le découpage.
 
Et vite car avec 40% d’abstention sur une élection jouée d’avance, c’est dans la rue que les frustrés se retrouveront. Et nous serons repartis pour un tour de contestations du peuple et de recul du pouvoir.
Par antoine - Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Présentation

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus