Ce soir, à l'émission politique de Europe1, c'était Jean-Marie Le Pen l'invité.
A l'écouter, et à écouter les journalistes qui l'interrogent, il a l'air normal cet homme là. Bien sur certains de ses propos sont anti-européens (mais est-ce si original ?), d'autres ont un peu xénophobes (mais il le dit lui même : si on lui apporte la démonstration que ce ne sont pas les femmes étrangères qui font le plus d'enfants en France alors il sera le premier à s'en réjouir). N'empêche, tout le monde autour de la table le considère comme un homme politique normal avec qui on peut aborder l'avenir de la France dans le cadre d'une élection présidentielle.
Mais on oublie que cet homme presque policé, c'est le même qui dans les années 50, alors patron de la société d'édition musicale SERP, inscrivit à son catalogue des chants franchement guerriers et franchement allemands. C'est le même qui fit des jeux de mots condamnables -et condamnés- sur les périodes les plus sombres de notre 20e siècle; c'est le même qui encore dernièrement déclarait que l'occupation allemande n'avait pas été si dure en France en 39-45...
Oui je sais, si on ressort toujours les vieilles erreurs et les vieux souvenirs, on n'avance pas. Et comme chantait Jacques Brel "c'est pas vrai j'ai jamais tué de chat, ou alors y'a longtemps, ou y sentait pas bon!". Mais justement : il est certaines positions prises et certaines déclarations faites qui devraient empêcher un homme politique d'avancer et de se déclarer porteur d'un projet pour la France.
C'est aux journalistes qui l'interrogent de lui rappeler qui il est et ce qu'il a dit ou fait. Ce ne serait pas le diaboliser mais le décrire, et surtout responsabiliser ses électeurs.
La nouvelle est tombé ce matin : Jacques Chirac a fait une bourde sur le Moyen-Orient en déclarant lundi à plusieurs journaux français et étrangers que "ce n'est pas tant le fait que l'Iran possède une bombe nucléaire qui serait "dangereux"". Le Président de
Et comme le Président a réfléchi a posteriori sur ce qu'il venait de dire, il a rappelé les journaux le lendemain pour rectifier ses propos qu'il qualifie lui-même de "trop schématiques".
Qu'un homme politique d'expérience et d'envergure manifestement internationale comme Jacques Chirac puisse faire une déclaration d'une telle teneur, est-ce acceptable ? Est-ce faire montre d'un grand courage de rappeler les journalistes pour faire modifier des déclarations qui auraient dépassé la pensée présidentielle?
S'il s'agissait de Ségolène Royal, se poserait-on ces questions ? Ou l'aurait on déjà traitée de "gourde" ?
Et si c'était du machiavélisme de la part de Chirac pour faire battre Sarkozy ? Faire une telle gaffe démontre que cela arrive à tout le monde et que ce n'est pas incompatible avec la fonction présidentielle. Sur ce point Ségolène est mieux placée que Nicolas.
Attendons avec impatience les prochaines déclarations de J. Chirac sur la justice chinoise, la force nucléaire sous-marine française ou le montant de son ISF, pour voir si cette théorie se confirme.
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