Mardi 11 mars 2008
Je me réveille après 9 mois de silence. Au vue de la consultation de mon blog, je n’ai pas l’impression de vous avoir manqué !
 
Bon, vous le savez, j’ai fais mon outing l’année dernière à l’occasion des présidentielles / législatives : je suis au Modem. Jusque là rien de grave, enfin c’est ce que je pensais.
 
Mais à écouter les commentaires du microcosme politico-journalistique sur le positionnement du Modem en général et de Bayrou en particulier dans cet entre-deux tours des municipales, je m’interroge : l’intelligence est-elle une valeur exclusivement de gauche ou de droite ?
 
La synthèse de ces commentaires, je l’ai entendue hier lors de l’émission de RTL « On refait le monde » animés par le talentueux Nicolas Poincarré et alimentée par les réflexions sans appels de ses invités microcosmiens.
 
Voici en substance les propos tenus, et mes réactions :
 
1-      Bayrou ne pense qu’à la présidentielle et cela discrédite son action politique avec le Modem. Tous ses amis le lâchent. Depuis quand un homme politique ne fonctionnerait pas à l’ambition ? Depuis quand un homme politique n’aurait pas besoin d’un parti pour parvenir à son objectif personnel? L’ambition personnelle n’est pas incompatible avec l’ambition de servir son pays.  Si ses idées sont bonnes, où est le problème ? Relisez Edgar Faure ! Il aimait les honneurs et ne s’en cachait pas. Il aimait son pays et l’a très bien servi, avec humour en plus.
2-      Les idées ? Parlons-en ! Non, Bayrou n’est pas sérieux…On se sait pas si il est de droite ou de gauche. Il est du centre ? Mais de quel coté penche-t-il alors ? C’est la caricature de la IVème République ! Mais pourquoi devrait-on pencher forcément et systématiquement vers le même coté ? Pourquoi quand on est à droite devrait on considérer que la gauche est un repère de krypto-communistes, et quand on est à gauche soupçonner la droite d’être le suppôt du grand Capital ? Ce n’est pas caricatural çà ? C’est pourtant le seul schéma politique que les principaux journalistes appliquent –cela leur permet de gratter du papier. Et les politiques encouragent et alimentent ce système en s’épuisant à trouver des différences là où ils devraient s’atteler à détacher un consensus.
3-      De toute façon la politique à géométrie variable du Modem est rejetée par le PS à Paris et l’UMP ne se rend pas service en proposant un deal à Bayrou (l’UMP retire son soutien à la liste du maire sortantPS à Pau et Bayrou accepte de s’allier à l’UMP sur d’autres communes). C’est bien la preuve que le Modem ne sert à rien sauf à mettre le bordel et à éviter de parler des vrais problèmes. J’ai entendu peu de commentateurs (à part chez Marianne je crois) s’interroger sur le pourquoi de cette situation autrement qu’en accusant le Modem d’exister ! Il apparait pourtant clairement que le PS ne souhaite pas d’accord avec le Modem car cela montrerait qu’il y a plus d’affinités entre un PS modéré (social démocrate ?) et un Modem qu’entre ce même PS et son aile gauche ! Seule Ségolène Royal a bravement déclaré dimanche que l’union PS/Modem était indispensable… Coté UMP c’est encore plus flagrant : il n’y a qu’une différence entre un membre du Nouveau Centre et un membre du Modem : le premier accepte sa vassalité à droite et l’autre reste au centre. C’est bien le problème : l’UMP ne comprend pas qu’un parti du centre lui résiste, car il n’y de bon centre qu’à droite ? Ou mort ? En fait pour le PS comme pour l’UMP, accepter l’existence du Modem, c’est accepter que leurs ailes se touchent…Et c’est inconcevable : un suppôt du capitalisme discuter sereinement de solutions aux vrais problèmes de la France avec un dangereux bolchévique, mais vous n’y pensez pas ! Mais vous voulez ruiner mon fond de commerce ?  Comment je vais ensuite expliquer à mes électeurs que l’enfer c’est l’autre camp ? Et puis, ajoutent les journalistes, avoir sur un plateau TV des responsables qui sont d’accord sur quelques points c’est anti-Audimat ! Seul le bipartisme stérile et gaulois (« Quoi il est pas frais mon projet de loi ? ») assure le spectacle.
 
 
 
Bon, si vous en êtes arrivé là c’est que vous êtes courageux et si vous avez deux sous de jugeote, vous allez me dire que je fais le jeux des extrêmes et que à force de dire que la droite et la gauche c’est pareil eh bien les rouges sang vont débarquer et que si c’est pas eux c’est la bête immonde qui remportera le morceau. Certes. Mais enfin : la droite et la gauche ont le droit d’exister ! Mais le centre –le vrai, le Modem quoi !- doit aussi exister car c’est lui qui va amener la droite et la gauche à discuter en se rapprochant. Avec quelques étincelles sans doute. Mais si on ne permet pas au centre de jouer ce rôle, un jour ce sont les deux extrêmes qui vont se rejoindre.
Et là, ca va vraiment péter !
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Mercredi 13 juin 2007
La soirée électorale du 1er tour des législatives m’a laissé moins d’images au fond de la rétine. Peu de suspens donc peu d’intérêt.
 
Pourtant, 3 jours après et depuis 3 jours, quelques réflexions me viennent.
 
Sur TF1 dimanche soir, les interventions de François Bayrou et de Francois Hollande interrompues avant la fin par Chazal ou PPDA. Même les représentants de l’UMP présents sur le plateau –plutôt joviaux- ont été surpris !
 
La victoire écrasante de l’UMP et du Nouveau Centre montre bien la limite de notre système électoral. Le Parlement, dans sa composition, est totalement déconnecté de la réalité des votes. J’en parlais avec mon ami Frédéric il y a peu en lui disant que le Nouveau Centre avec moins de 2% des voix aura 20 députés alors que le Modem avec 7% n’en aura que 1 ou 2. Dis comme cela, c’est choquant. Surout quand on est pro Modem (voilà je viens de faire mon coming out politique !). Mon ami Frédéric soulignait –avec raison- qu’il faut considérer les législatives comme des élections locales et non nationales. Et qu’il suffit qu’un parti –comme le Nouveau Centre ou le Parti Communiste- ait des représentants très bien implantés dans quelques circonscriptions pour avoir plusieurs députés. Je n’ai pas su quoi répondre sur le moment : mince ! il a raison ! La proportionnelle n’est donc pas une bonne chose ? Elire des députés sur liste, sans ancrage terrain ? Quelle horreur !
 
Et puis je me suis souvenu des propos que tient Charles Pasqua dans son dernier livre « Ce que je sais ».L’ancien ministre de l’Intérieur, aux manettes en 1986 lors du redécoupage des circonscriptions sur la base du recensement de…1982 ! souligne avec gourmandise que la loi électorale construite sur ses instructions"garantissait, en conditions normales de scrutin, un tiers des sièges à la droite, avec un petit avantage au RPR (ce qui correspondait au rapport de forces dans le pays), un tiers à la gauche, l’attribution du dernier tiers résultant de la glorieuse incertitude du vote".  Il avait également demandé –mansuétude ministérielle d’ancien résistant ?- que le PC garde un groupe à l’Assemblée.
 
Charly ajoute dans un commentaire persifleur de bas de page : « Bien qu’une remise à jour de ce texte en fonction des recensements ait été prévue, cette loi n’a pas été modifiée jusqu’à ce jour malgré les soubresauts de la vie politique. »
 
 
Il faut donc ne pas hésiter à lire les mémoires de Charles Pasqua.
 
Et ne pas hésiter non plus à relire un passage de notre constitution où il est écrit: « L’Assemblée nationale doit être élue sur des bases essentiellement démographiques ». C’est ce qu’on appelle le principe de représentativité. Le découpage actuel, je le rappelle, est basé sur le recensement de 1982.
 
Donc avant de se pencher sur la proportionnelle (mais je n’abandonne pas l’idée !), penchons nous sur le découpage.
 
Et vite car avec 40% d’abstention sur une élection jouée d’avance, c’est dans la rue que les frustrés se retrouveront. Et nous serons repartis pour un tour de contestations du peuple et de recul du pouvoir.
par antoine publié dans : Politique
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Lundi 7 mai 2007
Habituellement je préfère la radio à la télévision. D’abord parce que la radio ne vous rend pas esclave : vous pouvez faire autre chose en l’écoutant. Ensuite quand vous n’avez que le son, vous êtes plus attentif au contenu du message. Et si vous avez quand même besoin d’images, votre esprit est libre de les créer, rien ne vous est imposé.
 
Pourquoi je vous parle de cela au fait ? Ah oui : la soirée électorale du second tour, hier, à la télé. J’étais devant, je regardais. Pas pour connaître les résultats : d’abord le suspens était très mince, et en plus il n’y en avait plus depuis 18h30. Les sites internet des grands journaux suisses ou belges ont publié les premières estimations plus d’une heure et demie avant les médias nationaux.
 
Non, je suis resté devant ma télé car petit à petit des images s’imprimaient littéralement au fond de mes yeux. En me couchant vers minuit, je me disais que cela allait passer. Mais non, ce matin encore ces images persistaient. Fidèles à ce que j’en ai perçu sans doute mais fidèles à la réalité ?
 
L’image de Ségolène souriante et toujours en lévitation bien qu’elle ait perdu.
 
L’image des éléphants roses aiguisant leurs couteaux, déjà tirés. Ségolène devrait avoir peur, ils n’ont pas l’air aimables.
 
L’image des lieutenants du nouveau Président, s’obligeant à garder leur calme et à ne pas afficher trop franchement leur satisfaction. Le poids des nouvelles responsabilités sur leurs épaules, disent-ils.
 
L’image, quand même, de Renaud Donedieu de Vabres, exultant, qui qualifie l’opposition de « poil à gratter » du pouvoir. Ce qui en dit long sur son envie de construire avec ceux qui ne sont pas de son avis.
 
L’image des principaux représentants du PS qui implorent les électeurs de ne pas donner la totalité des pouvoirs à la droite lors des législatives. Et si le PS se décidait plutôt à travailler pour être meilleur que la droite ? Cela les aiderait à gagner des élections, sans avoir à compter sur la faiblesse de l’adversaire.
 
L’image de notre nouveau Président promettant l’ouverture au centre voire à gauche. L’ouverture au centre, je vois à peu près pourquoi : couper l’herbe sous le pied de François Bayrou et l’isoler avant les législatives. Mais à gauche ? A part Bernard Tapie et Eric Besson…
 
L’image de tous ces policiers assurant le cordon de sécurité autour du nouveau Président
 
L’image des 3 jeunes supporters de Nicolas Sarkozy -Sixtine, Pierre-André et Paul je crois- inondés de sueur et de joie partisane. Mais –à première vue- peu concernés par le devenir de la classe ouvrière. Surtout à Neuilly. L’ouverture n’est pas encore totale.
 
L’image de ce jeune sympathisant socialiste, dépité et perdu, qui lâche à la camera « J’ai honte d’être français ». Celui là il n’a rien compris : comment avoir honte d’être citoyen d’un pays républicain et démocratique –certes largement perfectible dans ses institutions – qui vient d’élire son nouveau président de 52 ans à 53% avec seulement 15% d’abstention ?
 
L’image de Patrick Balkany, un gros cigare à la bouche, entrant dans le restaurant le Fouquet pour rejoindre la petite fête de Nicolas Sarkozy. Monsieur le Président une question (virtuelle j’en conviens, la probabilité que vous lisiez ce blog est relativement très faible) : Patrick Balkany est-il représentatif de cette nouvelle manière de faire de la politique que vous nous promettez ?
 
L’image enfin… non pardon ce n’est pas une image mais un son entendu à la radio. Et ce n’était pas hier soir, mais ce matin sur France Inter. Le son donc d’un journaliste qui lance son papier par un tonitruant « Ce matin la France se retrouve coupée en deux ».  C’est très con comme phrase. La France n’est pas coupée en deux : elle vient de se donner un Président.
 
Les vieux modèles de pensée, ceux qui rassurent et évitent de devoir faire des efforts, persistent.
 
Sommes-nous repartis pour 5 ans de clivage à tous les étages ?
par antoine publié dans : Politique
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Jeudi 3 mai 2007
Je ne reviendrai pas sur le résultat du premier tour, c’est déjà tellement loin.
 
Par contre le débat entre S. Royal et N. Sarkozy est encore tout frais : c’était hier.
 
Alors, que peut apporter une bonne nuit de sommeil et de réflexion sur ce sujet ?
 
Sur la forme peu de surprises.
 
Nicolas devait garder son calme, il l’a gardé. Certes son stylo bleu, qu’il a manipulé fébrilement pour contrer ses bouffées d’énervement, doit être maintenant hors d’usage. Ségolène devait montrer à la France qu’elle était aussi une femme forte capable de trancher et d’en imposer aux autres. Elle a donc frémi d’indignation et de colère (saine, bien sur) lorsque Nicolas a expliqué benoitement qu’il rétablirait la place des handicapés à l’école alors que son gouvernement avait cassé le dispositif mis en place par Ségolène sur ce sujet.
 
Ségolène a cependant perdu le sens des réalités sur un sujet douloureux (le viol de deux femmes policiers en banlieue parisienne) en proposant que les femmes flics soient raccompagnées chez elles quand elles sortent tard du commissariat. Nicolas a été très gentil en soulignant simplement que cela n’allait pas dans le sens de la réduction du nombre de fonctionnaires. Je m’attendais à ce qu’il pousse l’avantage plus loin, du genre « Madame Royal, vous traitez le problème à moitié, car la vraie question est Qui va raccompagner le policier qui vient de raccompagner la policière ? ». L’humour noire et absurde n’a pas vocation à passer à la TV à une heure de grande écoute.
 
Une chose m’a marqué : Ségolène regardait systématiquement Nicolas quand elle parlait alors que Nicolas regardait la plupart du temps…les journalistes quand il s’exprimait. Les prenant même à témoin.
 
Sur le fond qu’en est-il ?
 
Chez Ségolène, le fond rejoint la forme car –comme elle le déclare à plusieurs reprises- dans son mode de pensée politique « tout se tient ».  Il est donc difficile de déterminer si certaines de ses propositions sont audacieuses (le fameux « je veux » qu’elle répète inlassablement), irréalisables (le financement de ses mesures est rarement clair, à part l’utilisation de la croissance qui redémarrera car elle le veut) ou simplement idiotes (cf. les femmes policier à raccompagner).
 
Nicolas, lui, c’est les chiffres. Plein de chiffres affirmés avec aplomb. Quelque soit le sujet, quelque soit la question. Quitte à se planter comme avec la part du nucléaire dans le bouquet énergétique. Et refuser d’admettre qu’il ne savait pas. Franchement cela ne me rassure pas un Président qui est prêt à dire n’importe quoi plutôt que « je ne sais pas, je vais me renseigner ». Bon, sur le sujet de la part du nucléaire j’avoue que sur le moment je n’ai pas compris et que pour moi les deux avaient tord : Ségolène disait 17% -elle avait l’air certaine- et Nicolas avançait 50% avec aplomb bien qu’il n’ait rien trouvé dans ses notes à ce propos. Je me suis précipité sur ma dernière facture EDF que j’ai brandie, victorieux, sous le nez de ma femme : « ils sont nuls tous les deux, c’est 85% la part du nucléaire dans l’électricité, bouh ils sont nuls !! ». En fait j’aurais mieux fait d’écouter : les 17% de Ségolène sont bons. Il s’agit de la part du nucléaire dans le BOUQUET E-NER-GE-TI-QUE. Et pas uniquement dans l’électricité.
 
A la fin du débat, Nicolas et Ségolène avaient 3 minutes chacun pour conclure. Nicolas a commencé, il semblait serein, plein de passion pour la France. Mais il regardait ailleurs, soit les journalistes, soit Ségolène, je ne sais pas. Mais pas la caméra.
 
Ségolène a fait ensuite sa conclusion. Plein cadre, la France au fond des yeux. Elle souriait, elle semblait heureuse et emplie de sa destinée.
 
Tout ca était très beau. Mais je ne sais toujours pas ce que je fais dimanche prochain.
par antoine publié dans : Politique
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Jeudi 12 avril 2007
Nous sommes à 10 jours du premier tour des élections présidentielles. Il paraît que 40% des votants sont encore indécis...Mais est-ce de l'indécision, ou de la réflexion ?
Cela fait plus d’un mois que je n’ai pas écrit d’article sur ce blog : feignantise, indécision ou réflexion ? Plutôt réflexions, au pluriel. Et je vous les livre, ces réflexions.
 
Héritiers de Trotski et de Staline, le combat continue.
 
Sur les 12 candidats, 3 se réclament du trotskisme (Besancenot, Laguiller et Schivardi) et l’une du Parti Communiste d’origine stalinienne (Buffet). Avec la règle de l’égalité de temps de parole entre les candidats, cela signifie que 33% des idées présentes sur nos ondes durant la campagne officielle sont fortement teintées de principes n’ayant pas –il faut bien le reconnaitre- apporté beaucoup de bonheur aux peuples qui les ont subis, et qui les subissent encore. Je ne parle pas de José Bové, car j’ai beaucoup de mal à le situer. A part hors la loi, et il semble en être fier.
 
CNPT, ruralité bien urbaine
 
Qu’on se le dise : CNPT (Chasse Nature Pêche et Traditions) a vocation à aborder et à résoudre tous les grands sujets sociétaux (l’Europe, la misère, le désenclavement…), et pas seulement les problèmes de pêche à la mouche ou les difficultés à chasser en toute liberté sans être dérangé par un ramasseur de champignons même pas armé. Le nouveau patron de ce parti (Frédéric Nihous)  le dit haut et fort, avec un sourire charmeur et une facilité d’élocution très urbaine. Il s’offusque cependant que les journalistes le ramènent toujours à la chasse, la pêche ou les traditions. Son conseiller politique devrait lui glisser à l’oreille de changer le nom de son parti, ça aiderait.
 
PS, le jour d’après.
 
Ségolène Royal est seule, désespérément seule. Les autres n’y croient plus. Et la jouent perdante. Ils préparent la suite, le jour d’après. Le jour d’après le second tour, quand elle aura perdu face à Sarkozy. Un frisson…et si le jour d’après était le 23 avril, lendemain du premier tour ? Un frisson de plaisir car, avec le scénario de Royal absente au second tour, il sera encore plus facile de se débarrasser d’elle. Dé-fi-ni-ti-ve-ment.
 
UMP, Comité de soutien…du bout des lèvres.
 
Récapitulons : Simone Veil est la présidente du comité de soutien à Nicolas Sarkozy. Elle a déclaré publiquement que l’association faite par son candidat des termes immigration et identité nationale pour donner un nom à un ministère de son futur gouvernement était « plus qu’une imprudence ». Elle a participé à un meeting de son candidat en indiquant cependant « être là mais sans y être tout en y étant ». Simone Veil n’a pour l’instant rien dit sur les déclarations de son candidat concernant ce que l’on pourrait appeler la prédestination génétique. Elle a tenu à expliquer dans une interview à « Tribune Juive » que son candidat est l’anti-Le Pen même si il est un peu brutal mais finalement « très humain ». C’est gentil de préciser.
 
Nicolas Sarkozy a déclaré en off à propos de la présidente de son comité de soutien : « Je crois qu’elle ne m’aime pas ». La lucidité est une qualité importante pour un futur président de la République. C’est déjà ça.
 
C’est quand la prochaine réunion du comité de soutien à Nicolas Sarkozy ? On peut s’inscrire ?
 
Allez M’sieur Hulot, un dernier Vert pour la route ?
 
Dominique Voynet, c’est un peu comme Ségolène Royal. Mais en plus petit. Elle aussi est seule. Chez elle aussi les autres n’attendent qu’une chose : qu’elle se plante. Pour reconstruire ensuite. Reconstruire quoi au fait maintenant que Monsieur Hulot a cru bien faire en diluant le message écologiste dans tous les partis ? J’avais trouvé l’idée jolie, je l’avoue. Mais finalement l’écologie est tellement soluble dans les partis qu’il n’en reste plus rien.
 
Jean-Marine Le Pen
 
Le leader du FN et sa directrice de campagne ont trouvé la clef pour éviter que Nicolas Sarkozy ne vienne leur prendre des électeurs. C’est simple : la candidature de Nicolas Sarkozy n’est pas légitime puisqu’il n’est pas français de souche (parents hongrois, vous pensez !). C’est le candidat de l’immigration, un rastaquouère, un cosmopolite.
C’est au mieux pitoyable, au pire abject. Un jour, peut-être, se trouvera-t-il quelqu’un pour dire à Jean-Marine Le Pen que la haine et le rejet de l’autre mènent invariablement à la guerre. Mais sans doute le savent-ils au FN.

Philippe de Villier, l’inaudible.

 
En fait j’exagère. J’ai entendu une chose de Philippe de Villiers : c’est que tout est de la faute de l’Europe et de tous les trucs en « isme » (libre-échangisme, mondialisme, européisme, socialisme, …). Mais cela ne fait pas une politique, et en plus tous les autres –ou presque- disent la même chose. Le méchant dans l’histoire c’est l’Europe. Comme si l’Europe existait par elle-même, comme si nos ministres ne participaient pas aux décisions européennes. Comme si il n’y avait pas de Parlement Européen avec des députés élus avec nos suffrages. Je ne dis pas que l’Europe est parfaite mais ce coté puéril « c’est pas moi, c’est l’Europe » développé par la plupart de nos politiques m’exaspère.
 
 
Bayrou, la politique s’ose béarnaise
 
Je vous renvoies à mon article précédent et à vos commentaires sur le sujet Bayrou.
 
Je souligne cependant que lui faire le procès d’un retour à la IV république est malhonnête intellectuellement. En effet la IVème était un régime parlementaire avec un président très performant pour inaugurer les chrysanthèmes. Ce que propose Bayrou, c’est au contraire de renforcer encore davantage le pouvoir du Président de la République . Pour Bayrou il faut réécrire l’article 20 de la Constitution actuelle en remplaçant « c’est au gouvernement de déterminer et de conduire la politique de la Nation » par « le Président détermine et conduit la politique de la nation. Le gouvernement la met en œuvre ».
 
Parallèlement, Bayrou souhaite donner plus de responsabilités au Parlement : maîtrise de l’ordre du jour (actuellement maitrisé par le gouvernement à 95%), obligation de présence des députés pour les votes, mandat unique…
 
Pour ma part j’y ajouterais une dose de proportionnelle. C’est en donnant la possibilité aux électeurs d’être représentés au Parlement dans leur diversité que nous redonnerons confiance en la politique. Et puis cela évitera certainement un comportement de « défouloir » sur les petits candidats à chaque élection présidentielle.
 

Que l’on puisse, enfin, aborder les vraies questions.

par antoine publié dans : Politique
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